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Les pépites hexagonales de l’intelligence artificielle

Focus

De nombreuses startups françaises sont d’ores et déjà bien implantées sur le marché de l’intelligence artificielle (IA). Il est vrai que leur histoire joue en leur faveur : beaucoup d’entre elles s’étaient déjà investies et spécialisées dans les techniques d’apprentissage du langage ou l’IA per se au travers des big data, par exemple. Elles ont, par la suite, logiquement emprunté la voie des agents conversationnels ou chatbots en réunissant les techniques qu’elles avaient mises au point ou développées. Dans l’entreprise, l’apport de l’IA ne se limite pas cependant à ces derniers. Son avantage compétitif réside, par exemple, dans l’automatisation des décisions grâce à la réalité augmentée, la maintenance prédictive et les interactions avec le système d’information propre à chaque entreprise.

Le rapport de #FranceIA  datant de 2017 recensait environ 280 startups françaises, créées depuis 2000, qui mobilisaient toutes l’IA dans les secteurs les plus divers : relation client,  transport, assurance, santé, etc. Le dynamisme de certaines d’entre elles qui en fait  des pépites hexagonales de l’IA est attesté par l’importance des levées de fond qu’elles réalisent ou l’appétit (ou l’intérêt) qu’elles suscitent chez les géants de l’IA ou du logiciel, y compris ceux implantés aux Etats-Unis ou en Allemagne.

Chatbots et assistants vocaux à l’assaut de la relation client

Les agents conversationnels capables de dialoguer avec les humains investissent de plus en plus la relation client. Ceux de Destygo, à Paris, interviennent dans le secteur du voyage, du tourisme et de la mobilité urbaine au travers de réponses automatiques destinées aux questions des voyageurs pressés. Recast.ai est à l’origine d’une plateforme collaborative qui permet aux entreprises et aux développeurs de créer eux-mêmes leurs propres interfaces conversationnelles. La pépite parisienne Snips, avec sa plateforme d’IA qui permet de doter tout système d’un assistant vocal embarqué, rivalise avec les solutions de Google et Amazon. La technologie spécifique, si elle est nécessaire, ne suffit pas pour réussir un projet d’IA centré sur les chatbots : l’expérience conversationnelle est au moins aussi importante pour humaniser quelque peu ces agents. Il faut aussi des agences de création, de fournisseurs de techniques plus larges par exemple infographiques (Keyrus)  ou de prestataires de services les plus divers. Bref, tout un écosystème où l’on retrouve la startup Botfuel avec sa boite à outils appelée SDK (Software Development Kit) qui permet de construire des agents conversationnels en s’aidant du traitement du langage et des interactions entre les intervenants.

Robots interactifs et véhicules intelligents

Les robots interactifs investis par l’IA occupent la vedette dans nombre d’espaces publics. C’est le cas de Hease, un robot kiosque intelligent conçu par Hease Robotics, une startup basée à Villeurbanne près de Lyon. Doté d’algorithmes d’apprentissage et d’un terminal de paiement intégré, Hease déploie son savoir-faire dans les entreprises, les centres commerciaux, les gares, les aéroports etc. La startup lyonnaise Hoomano, pour sa part, développe des logiciels basés sur l’IA destinés à des robots sociaux déjà présents sur le marché. Les navettes électriques sans conducteur et les robots taxis conçus par une autre jeune pousse lyonnaise Navya illustre l’impact de l’IA sur les transports urbains, tout comme les navettes robotisées de la startutp toulousaine Easysmile.  Ces deux acteurs de l’IA sont déjà présents sur plusieurs continents.

Chez les Startup une offre plus diversifiée mais ciblée…qui leur permet de travailler avec Google…

Tellmeplus est une startup implantée à Montpellier qui développe des logiciels visant prédire les pannes des machines industrielles et des objets connectés, au travers d’un mariage entre machine learning et big data. Cette entreprise a démarré cette année un partenariat avec la plateforme spécialisée de Google Cloud IoT Core. Une jeune pousse parisienne, Qopuis, pour sa part, grâce à des caméras connectées et des logiciels ad hoc qui servent à la reconnaissance d’images, optimise la gestion des stocks dans les supermarchés. Cbien, startup nantaise a développé une plateforme au service des assureurs, laquelle permet un inventaire des biens et objets de valeur d’un assuré. Shift Technology implantée à Paris a mis au point une solution d’IA antifraude qui, en détectant les déclarations de sinistres suspectes, a séduit les assureurs  du monde entier. Le secteur de la santé est également investi par les jeunes pousses comme Therapixel spécialisée dans l’imagerie médicale, basée à Sophia Antipolis.Prevision.io, pour sa part privilégie une approche transversale qui est destinée à la plupart des secteurs précédents sous la forme d’une plateforme capable d’élaborer des modèles prédictifs, particulièrement prisés des data scientists.

L’écosystème français de l’IA  séduit les investisseurs

Depuis plusieurs années, certaines startups se démarquent des autres par l’intérêt qu’elles suscitent auprès des investisseurs. Le montant cumulé des investissements est un bon indicateur de la performance économique et du potentiel innovant d’une entreprise.

Dix pépites sortent du lot par les montants des levées de fonds, depuis leur création secteur par secteur, la plupart d’entre elles sont implantées en Europe et aux Etats-Unis (source : les échos 26 mars 2018).

1 – Algolia (74,22 millions d’euros)/moteur de recherche dédié  « search as a service »

2 – Sophia Genetics (58  millions d’euros)/médecine  basée sur les données

3 -Shift Technology (39,8 millions d’euros)/détection des fraudes à l’assurance

4 – Navya (38,02 millions d’euros)/véhicules autonomes

5 – Prophesee (ex-Chronocam) (37,3 millions d’euros)/deep tech

6 – Vulog (31,06 millions d’euros) /technologies d’autopartage

7- Tinyclues (25,4 millions d’euros)/marketing prédictif.

8 – Linkfluence (24,61 millions d’euros)/ e-reputation basée sur réseaux sociaux

9 – Teemo (ex Databerries) (17,86 millions d’euros)/marketing géolocalisé pour magasins physiques

10 – Vekia (17,03 millions d’euros) gestion des stocks et logistique (supply chain)

Par  Lisa Delbarre Bartolucci (lisadelbarre@gmail)

Rédactrice en Chef ITPEMAG

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By |2018-12-04T12:48:56+00:00mardi 4 décembre 2018|Actualités, Reportages|

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