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Les défaillances d’entreprises en hausse au 3ème trimestre

Plus de 11.500 procédures ont été enregistrées soit une hausse de 3,3 % par rapport à 2017 au 3ème trimestre.

 

L’accroissement des défaillances d’entreprises ne concerne plus uniquement les plus petites d’entre elles. En effet, si les trois quarts des jugements concernent les micro-entreprises de moins de trois salariés, la nouveauté vient des structures de plus de 100 salariés, plus d’une trentaine d’après Altares, spécialiste de la Data Economy, 1er réseau international d’informations BtoB, car plus que le défaut de trésorerie, ce sont le manque d’investissement, les difficultés financières récurrentes et une stratégie pilotée, mais insuffisamment gouvernée qui ont menés ces structures à entrer dans une sinistralité qu’elles connaissaient peu.

« Après huit trimestres consécutifs de baisse, la sinistralité des entreprises remonte cet été. Tombée pour la première fois depuis dix ans sous le seuil de 11 000 défaillances au cours du 3e trimestre 2017, elle repasse au-dessus de 11 500 sur le 3e trimestre 2018, l’évolution demeure défavorable et tombe sous les 4%. Sur le seul territoire métropolitain, le nombre des défaillances d’entreprises augmente de 3,3% » indique Thierry Millon, Directeur des études Altares.

Beaucoup de ces PME sont nées avant la crise de 2008 mais ont été portées par les mesures de modération, comme les mesures de la loi de modernisation de l’économie (moratoire sur les impayés aux Urssaf, différé de charges…).

« Si les perspectives économiques restent favorables, le spectre de la crise plane encore, plus de dix ans après son déclenchement. Les pressions sur les délais de paiement sont venues rappeler ces derniers mois que les relations commerciales sont toujours déséquilibrées, que le sous-traitant est loin de pouvoir être considéré comme un co-traitant ; le petit fournisseur ne mord pas la main du gros client qui le nourrit, mais trop souvent en paye un lourd tribut ! » conclut Thierry Millon.

 La loi Pacte devrait permettre de prévenir les difficultés économiques des entreprises et faciliter leurs rebonds. Avec le rétablissement professionnel qui sera appliqué par défaut, pour les sociétés sans salarié et dont l’actif ne dépasse pas 5.000 euros.

 L’étude démontre que coté secteur, rien n’est linéaire ; La construction qui avait enregistrée un fort recul des défaillances d’entreprises un an plus tôt (-11%) stoppe le mouvement au 3ème trimestre. Le commerce, deuxième poste de défaillances, stabilise sa sinistralité un peu au-dessus de 2 500 procédures. Si le commerce d’habillement (-11%) et le soin de la personne & optique (-16%) sont bien orientés, la vente et réparation de véhicules dérape de 6%.

L’industrie alimentaire évolue défavorablement (+24%) plombée par les produits de boulangerie-pâtisserie (+28%). Dans le transport routier de marchandises le nombre de défaillances d’entreprises augmente rapidement (+17%) en particulier dans le fret interurbain, et la sinistralité des taxis continue de monter avec 107 défaillances (+45%) ce 3e trimestre.

Le nombre de procédures collectives augmente aussi sensiblement dans les services à destination du consommateur (+9%), dans la restauration rapide (+24%) ou les débits de boisson (+13%).

Dans les autres activités, la tendance est sévère pour les activités d’enseignement notamment de la conduite (+22%) et la formation continue d’adultes (+42%).

Quant à l’agriculture, elle enregistre une augmentation de +8% essentiellement dans la culture, avec 108 défaillances, son plus mauvais chiffre depuis 2014.

Cependant pour terminer sur une note plus optimiste, les défaillances d’entreprises de l’été 2014 menaçaient plus de 56 000 emplois, cet été ce nombre est tombé sous la barre des 35 000.

By |2018-10-30T08:36:30+00:00mardi 30 octobre 2018|Actualités, Economie, Reportages|

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